jeudi 9 mars 2017

Marie et les naufragés (2016)


Le cinéma français, en particulier dans le registre de la comédie, aura été source (pour moi, tout au moins) de nombreuses déceptions, ces dernières années. Mais je ne peux m'empêcher d'y revenir, espérant toujours y trouver la pépite qui sera l'objet de la réconciliation. La présence au casting de "Marie ett les naufragés" de Vimala Pons et d'Eric Cantona fut le motif de visionnage de ce film de Sébastien Betbeder (déjà évoqué dans ces colonnes pour "2 automnes, 3 hivers"). Ce petit film, passé sous les radars de pas mal de spectateurs, faisait-il partie de ceux à sauver ? 


Siméon, journaliste au chômage et père divorcé, erre dans Paris quand il croise le chemin de Marie, dont il trouvé le portefeuille dans la rue. Elle est dangereuse, à en croire Antoine, écrivain à la dérive, et ancien compagnon de la jeune femme. Sous les yeux d'Oscar, son colocataire, musicien somnambule, Siméon va pourtant suivre Marie, jusqu'à l'île de Groix. 

Les naufragés du titre sont les hommes qui gravitent autour de Marie, toute aussi naufragée dans sa vie, d'ailleurs. Déboussolés, les personnages de ce film le sont, un peu comme l'étaient déjà ceux de "2 automnes, 3 hivers". Sébastien Betbeder confirme avec ce long métrage son identité et sa touche personnelle, en grande partie parce qu'il se penche avec une belle tendresse sur des personnages un peu fracassés. Les filmant au plus près, au point qu'on se sente parfois juste à côté d'eux, il leur donne vie de jolie manière dans un drôle de petit film doux-amer, malgré quelques moments de pédalage à vide.

On pourra pointer les quelques moments de creux du scénario, dont on aurait aimé qu'il comporte plus de rebondissements et de moments forts. Dans le voyage initiatique et parfois foutraque de Siméon, suivant le sillage de Marie, et suivi par Oscar (j'espère que vous me suivez), l'impression d'improvisation et de remplissage se fait parfois sentir. Cela dit, le ton du film rend ces lacunes bien mineures, alors qu'elles auraient été impardonnables sur d'autres longs métrages.

Ce sont essentiellement les acteurs qui sont le capital charme de ce drôle de petit film. La Marie du titre, incarnée par Vimala Pons, à la fois vénéneuse et vulnérable, est le plus bel atout du film. Vimala Pons, à cette occasion, prouve une nouvelle fois qu'elle est un des grands espoirs du cinéma français (et qu'elle n'a pas forcément besoin de passer la moitié d'un film dans la tenue d’Ève pour le rendre attrayant). Face à elle, c'est surtout Eric Cantona que l'on a plaisir à revoir, incarnant remarquablement un homme au fond du trou, J'avoue avoir été moins convaincu par les prestations de Pierre Rochefort et de Damien Chapelle. Enfin, le temps de quelques scènes, l'indispensable Wim Willaert marque de son empreinte le film, même s'il s'agit plus d'une apparition que d'un véritable rôle.

Aussi modeste soit-il, "Marie et les naufragés", avec son ton doux-amer et, surtout, ses personnages profondément humains perdus dans leurs propres existences, méritait une plus large audience, sans cependant être inoubliable.

Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2017, catégorie "Film avec un prénom dans le titre".


6 commentaires:

  1. J'aurai dit : Movie Challenge 2017, catégorie 'Film avec un nom d'entreprise agroalimentaire française dans le titre.'
    Pas vu cela-dit ;-)

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    1. Oui, mais il n'y avait pas cette catégorie là :-p

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  2. Si j'ai bien compris, il ne faut pas confondre Damien Chapelle et Damien Chazelle ! N'empêche que j'aurais bien aimé le voir, ce petit film. Mais je suis un peu amoureux de Vimala Pons... tu crois que je peux rester objectif ? ;-)

    Merci d'en avoir parlé, Laurent. J'aurai peut-être un jour l'occasion de le rattraper.

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    1. C'est vrai qu'elle a un charme fou, la jolie Vimala...et qu'elle est pour beaucoup dans le ressenti positif que j'ai eu sur ce film.
      Merci de ta fidélité, Martin.

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  3. Voilà un "petit" film qui pourrait me plaire, pas seulement pour la charmante Vimala Pons, qui fait visiblement l'unanimité sur ce blog et c'est tant mieux. Je ne savais pas que Wim Willaert avait participé à ce film (même si furtivement), encore un acteur que j'apprécie beaucoup. Bonne journée Laurent !

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    1. Le passage de Wim Willaert est bref, mais marquant, comme souvent. Je lirai avec attention le billet que tu pourras consacrer à ce film.
      Belle journée, Sentinelle !

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